Sonologie

L’histoire d’Emmanuel Comte

L’origine de la musique thérapeutique

Plus de vingt ans de recherche sur le pouvoir thérapeutique des sons et de la musique, depuis les blocs opératoires jusqu’à l’accompagnement des mourants.

Témoignage

Une musique utilisée en bloc opératoire

Musique thérapeutique en milieu hospitalier

Selon le Dr Yves-Gabriel Heynen, la musique composée par Emmanuel Comte va bien au-delà des musiques de relaxation courantes : elle favorise des états proches du songe ou de l’hypnose, utilisables en bloc opératoire.

Cette musique est utilisée dans la préparation des anesthésies générales, aidant à induire un état qui rend ces techniques plus efficaces. En anesthésie locale, elle permet aux patients de s’évader mentalement du moment opératoire — oublier le lieu, les bruits et la durée de l’intervention — en favorisant des images mentales agréables qui atténuent l’inconfort et la douleur ressentie.

— Dr Yves-Gabriel Heynen

Biographie

L’effet Comte

Emmanuel Comte, origine de la musique thérapeutique

La musique et la magie des sons accompagnent Emmanuel Comte depuis son plus jeune âge, à travers l’instrument qu’il a étudié : la flûte-à-bec. Vers l’âge de 4 ans, l’histoire du joueur de flûte (Pied Piper) l’a initié à la magie des sons et à leur pouvoir hypnotique.

Le départ d’une aventure

L’enseignement musical reçu depuis l’âge de 7 ans lui a été d’un grand secours à 18 ans, alors qu’il était soigné pour un cancer. Il se souvient d’avoir joué de son instrument sur son lit d’hôpital — le son parcourant les corridors de l’étage, des patients ont réclamé qu’il vienne jouer auprès d’eux, encouragé par les infirmières. Ce fut le départ d’une grande aventure : soigner et faire du bien, grâce à sa flûte.

Emmanuel Comte, musicien à l'hôpital
Une démarche de recherche

Une nouvelle voie s’est ainsi ouverte, menant à une démarche de recherche sur le pouvoir thérapeutique des sons et de la musique. Après plus de vingt ans de recherches et d’études, Emmanuel Comte est aujourd’hui en mesure d’utiliser et d’enseigner l’usage des sons et des fréquences dans un but thérapeutique et harmonisant.

Bien avant la maladie dont il a souffert en 1977, il avait déjà commencé à composer de la musique de manière précoce. Après sa guérison du cancer, il a décidé de se consacrer à la création sonore et à la recherche, dans un but thérapeutique.

Histoire

Description et intérêt

Emmanuel Comte — Musique thérapeutique à l'hôpital

En 1988, onze ans après avoir été malade, Emmanuel Comte a enregistré sa première cassette, « Occidentale Sagesse », musique pour la sérénité. Puis « Musique du Ciel » a suivi un an plus tard. Ces deux références, d’une durée d’environ 72 minutes chacune, sont interprétées à la flûte-à-bec, avec une courte plage de chant harmonique (technique vocale diphonique, permettant d’émettre plusieurs sons avec une seule voix). Seule « Musique du Ciel » est encore disponible aujourd’hui, sous forme de CD et en format mp3.

Un archétype sonore

La flûte, instrument utilisé, symbolise un archétype sonore souvent associé à la religiosité — on la retrouve dans la religion hindoue avec Krishna, dans la mythologie grecque avec Pan, ou dans la tradition soufie avec les Derviches. Dans ces compositions, le rythme est très lent ou inexistant, la musique est soliste et a capella, sans mélodie ni pulsation mécanique — une succession de phrases sonores fluides, chacune suivie d’un silence où le son se diffuse dans l’acoustique naturelle des abbayes où la musique a été enregistrée.

Des témoignages qui affluent

Une fois ces cassettes éditées, les témoignages ont commencé à affluer — des infirmières les réclamant pour l’accompagnement des mourants, les trouvant particulièrement adaptées.

Étude clinique — 1996 Le Dr Yves Heynen, chirurgien vasculaire, a utilisé les deux cassettes d’Emmanuel Comte sur plus de 4 000 patients lors d’interventions chirurgicales à la Clinique Jeanne d’Arc, à Vichy, France. En 1996, il a réalisé une étude clinique portant sur 50 patients, où « Musique du Ciel » était écoutée durant l’anesthésie locale (environ une heure par intervention). Résultat : une baisse significative de l’anxiété et de la douleur, ainsi qu’une augmentation du confort du patient.
L’origine du centre MedSon — 1995 — (mise à jour 2026) Connaître l’origine du centre MedSon : lien externe sur le blog de medson : Musique à l’hôpital : Origine du centre MedSon

Soins palliatifs

La mort bienheureuse

Depuis son arrivée au Québec en 1994, Emmanuel Comte a joué au chevet de patients dans de nombreux hôpitaux — soins prolongés, gérontologie, oncologie et soins palliatifs — ainsi qu’outremer, en salles d’opération, en chirurgie vasculaire et en soin des brûlés. Les témoignages sont toujours émouvants, les infirmières étant souvent étonnées des effets de cette musique sur leurs patients et sur elles-mêmes.

L’usage de la musique thérapeutique est bénéfique en oncologie, en soins palliatifs et pour l’apaisement des souffrances liées au deuil — mais aussi pour accompagner la vie au quotidien, en massothérapie, en prière, en relaxation et en méditation.

La musique et la mort

Le thème de la mort a été illustré musicalement depuis la nuit des temps — par le drame ou l’opéra à l’époque romantique, ou en hommage aux disparus dans les nombreux Requiem, De Profundis et Passions, de Campra, Bach, Mozart, Schütz ou Fauré. Plus rarement, quelques compositeurs ont écrit des oraisons sonores pour accompagner les mourants eux-mêmes dans leurs derniers instants, favorisant une mort consciente et harmonieuse.

La mort et la souffrance

Au Moyen Âge, la vie monastique encourageait une mort consciente appelée Transitus (passage), issue des traditions bénédictines, franciscaines et cisterciennes. On retrouve aussi dans le bouddhisme des prières et chants de compassion liés au Livre des Morts Tibétain, ainsi que des traditions similaires dans l’Égypte ancienne et chez les Grecs.

L’accompagnement sonore et musical de la mort et des mourants, tel que pratiqué depuis 1992, est une approche nouvelle, non confessionnelle tout en restant religieuse au sens où elle relie à l’infini et aux vérités éternelles. Ce programme, dont l’origine remonte à 1988 et à dix ans de recherches antérieures, s’inscrit dans le cadre du soulagement global des souffrances. Si la prescription concerne d’abord les soins palliatifs, elle est aussi efficace pour humaniser l’oncologie, l’anesthésie, le soin des brûlés, la cardiologie, les soins prolongés, les soins intensifs, la pédiatrie et la maternité.

Le Livre des Morts Tibétain Emmanuel Comte — Musique et soins palliatifs

De nos jours, la mort est le plus souvent vécue avec stress, inquiétude et souffrance — en partie parce que la maladie, de mieux en mieux maîtrisée par la médecine, fait de la mort un « échec médical » dans bien des cas. Si le traitement de la douleur liée aux maladies en phase terminale s’améliore, beaucoup reste à faire pour donner accès aux soins palliatifs à tous ceux qui en ont besoin.

Être confronté à sa mort, c’est se retrouver à l’heure du bilan de sa propre vie, là où ni l’avoir ni le savoir n’ont de valeur. Une distinction s’impose entre la souffrance — qui englobe le caractère psychophysiologique de la condition humaine — et la douleur, qui reste au niveau strictement physique. La médecine progresse dans la compréhension biochimique de la douleur ; en revanche, rien ne remplace ce que peuvent apporter ces musiques composées depuis 1989 dans un contexte thérapeutique, pour soulager la souffrance.

— Emmanuel Comte, 1996 (Mise à jour 2026)

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